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De par sa situation proche de Paris et son relief facile à parcourir, le département de Seine-et-Marne a toujours été un terrain favorable aux échanges et aux voies de communication. Le département a ainsi été traversé à un moment ou à un autre de son histoire par tous les types connus de voies routières : voies romaines, chemins médiévaux, routes royales, routes impériales, routes départementales, chemins vicinaux, routes nationales, autoroutes et voies rapides.

Antiquité

Dès l'antiquité, le territoire est sillonné par des voies romaines reliant entre-elles les villes principales (civitates) et les villes secondaires (vici). A cette époque le territoire de l'actuelle Seine-et-Marne comporte plusieurs villes gallo-romaines ayant laissé des traces jusqu'à nos jours : Meaux (Lantinum) est la capitale de la tribu des Meldes ; Melun (Melodunum) est un vicus de la cité des Sénons ; Châteaubleau (Rigobriga ou Riobe) et Chailly-en-Brie (Calagum) sont d'importants villages étapes sur la voie romaine reliant la Méditerranée à la Manche. On connaît également les sites romains de Divodurum (Jouarre), et l'emplacement de Vellaudunum, étape connue de Jules César lors de la guerre des Gaules, a été souvent identifiée à Château-Landon.

Le réseau gallo-romain est donc constitué de voies d'importances diverses. Parmi celles dont le tracé subsiste aujourd'hui, on compte notamment :

  • la via Agrippa reliant Lyon (Lugdunum) à Boulogne-sur-Mer (Gesocribate), qui traverse la Seine-et-Marne du sud au nord, en passant par Jaulnes, Châteaubleau, Chailly-en-Brie et Meaux ;
  • une voie qui relie Meaux à Troyes (Augustobona) en passant par Chailly
  • une voie qui relie Melun à Chailly
  • une voie qui relie Melun à Etampes (Stampiae)
  • une voie qui relie Paris (Lutetia) à Lyon, en passant par Château-Landon
  • le chemin de César, qui relie Orléans (Cenabum) à Sens (Agedincum) en passant par Dordives et Bransles
  • le chemin de Chartres, qui relie Château-Landon à Chartres (Autricum).

Il y avait aussi des voies reliant Lutèce à Reims (Durocortorum) par Meaux, et reliant Orléans à Melun.

Ces voies romaines sont généralement pourvues de relais établis à distance régulière, afin que l'on puisse se reposer (soi-même et sa monture) et se ravitailler. Un exemple est visible à Pécy, en bordure de la via Aggripa. Un panneau explicatif permet de comprendre les vestiges présentés.

Moyen-âge

Au moyen-âge, parmi le réseau très dense des chemins médiévaux, aucune grande route n'émerge véritablement sur l'axe des foires de Champagne et de Brie.

Renaissance et période classique

Au XVIème siècle, les premiers itinéraires de diligences se fixent sur 3 axes : Paris - Château-Thierry via Meaux, Paris - Sens via Montereau-Fault-Yonne et Paris - Troyes via Mormant et Provins.

C'est essentiellement aux XVIIème et XVIIIème siècles que furent réalisés les principaux axes connus aujourd'hui et en particulier les liaisons transversales, Melun - Fontainebleau et Melun - Meaux.

XIXème siècle : création du premier réseau départemental moderne

Sous l'Empire, on doit à l'ingénieur en chef des Ponts et Chaussées Herbelot, la plantation systématique d'arbres d'alignement, parfois sur quatre rangées pour les routes les plus larges.

C'est au cours du XIXème siècle que le maillage actuel du réseau départemental prend sa place.

Années 1930 : réforme du réseau

Les années 30 voient - en Seine-et-Marne comme dans le reste du pays - l'extension du réseau routier national par le classement en route nationale (séries 300 et suivantes) des routes départementales et des chemins de grande communication les plus importants. Ce nouveau réseau, qui sera qualifié de réseau national secondaire reprend très largement le tracé des routes impériales de troisième classe de 1811 devenues par la suite routes départementales.

En Seine-et-Marne, l'extension du réseau national ne concerne ainsi quasiment que des routes départementales. Les décrets du 22 janvier 1931 et du 29 février 1932 classent ainsi dans le réseau national les routes suivantes :

  • une partie de la RD 1 et la RD 2 deviennent la RN 368 de Melun à La Ferté-sous-Jouarre ;
  • une partie des RD 1, 4, 6, 10 et la RD 20 deviennent la RN 375 de Châteauneuf-sur-Loire à Montmirail ;
  • les RD 3 et 33 deviennent la RN 446 de Versailles à Provins par Melun ;
  • une partie de la RD 4 devient la RN 376 de Sens à Provins ;
  • une partie de la RD 5 et la RD 23 deviennent la RN 331 de Dammartin-en-Goële à Sainte-Aulde ;
  • une partie de la RD 5 devient la RN 331a ;
  • la RD 5bis et une partie de la RD 5 deviennent la RN 330 de Meaux à Creil ;
  • la RD 8 devient la RN 304 de Paris à Sézanne ;
  • une partie de la RD 11 devient la RN 447 de Corbeil à Guignes ;
  • une partie de la RD 14 devient la RN 372a ;
  • la RD 17 et une partie du GC 8 deviennent la RN 303 de Paris à Crécy-en-Brie ;
  • la RD 21 devient la RN 371 de Dammartin-en-Goële à Melun ;
  • la RD 29 devient la RN 332 de Compiègne à Meaux ;
  • la RD 30 et une partie de la RD 14 deviennent la RN 372 de Melun à Milly-la-Forêt ;
  • la RD 32 devient la RN 369 de La Ferté-sous-Jouarre à Château-Thierry par Charly ;
  • la RD 37 devient la RN 448 au nord de Beaumont-du-Gâtinais et RN 375 au sud ;
  • la RD 38 devient la RN 837 de Fontainebleau à Étampes ;
  • le boulevard de Constance à Fontainebleau et le GC 137E sont incorporés à la RN 7 tandis que le tracé par le centre-ville devient la RN 7a ;

De plus, le décret-loi du 14 juin 1938 regroupe les routes départementales, les chemins de grande communication et les chemins d'intérêt commun dans un catégorie unique : les chemins départementaux.

En application de ce décret, le conseil général refond complètement sa nomenclature, afin d'avoir une numérotation cohérente. La nouvelle nomenclature se compose comme suit :

  • les anciens chemins de grande communication conservent leur numérotation, du n°1 au n°147 ;
  • les anciennes routes départementales subsistant après l'extension du réseau national sont renumérotées dans une nouvelle série en 2ab. Par exemple, la RD 1 devient le CD 201 et la RD 39, le CD 239.

Pour les anciens chemins de grande communication, les annexes demeurent notées "a" et les embranchements "E". Les embranchements des anciennes RD demeurent notés "Bis" (ex : CD 219bis), y compris quand la RD principale a disparu (ex : CD 217bis, alors que la RD 17 est entièrement devenue RN 303).

Années 1950 et 1960 : évolution lente du réseau routier

Les années d'après-guerre voient le début de la modernisation du réseau routier. Quelques déviations, dont les projets remontent quelquefois aux années 1930, voient le jour. Elle ne concernent que des routes nationales reliant Paris aux provinces : RN 3 à Claye-Souilly, RN 4 à Tournan-en-Brie et à Rozay-en-Brie, et RN 5 à Lieusaint.

Au début des années 1950, le réseau national est également légèrement modifié : la RN 304 devient la RN 4, qui relie désormais réellement Paris à Strasbourg.

Pendant deux décennies, le réseau évolue donc peu. Les principales améliorations ont surtout eu lieu dans le domaine des techniques routières : la chaussée revêtue d'enrobés ou de goudron devient la règle (quelques secteurs pavés demeurent néanmoins, notamment en centre-ville), et les routes sont élargies, au grand malheur des alignements d'arbres.

Cependant 1969 est une année charnière : Paul Delouvrier révolutionne l'aménagement du territoire parisien en créant cinq villes nouvelles en grande banlieue parisienne. Deux sont situées en Seine-et-Marne : Marne-la-Vallée et Melun-Sénart. Cela augure des décennies à venir : la Seine-et-Marne va s'urbaniser très rapidement et le réseau routier se transformer complètement.

1972 - aujourd'hui : départementalisation du réseau national secondaire et développement des voies rapides