Ligne du Train Jaune

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Cette ligne à voie métrique électrifiée (3ème rail) relie Villefranche de Conflent à Latour de Carol.

Sommaire

[modifier] Historique

  • Le but premier du Train Jaune était de relier les hauts plateaux d'altitude (la Cerdagne) au reste du département des Pyrénées Orientales et à sa préfecture, Perpignan.
  • La construction de la ligne Perpignan - Villefranche (écartement normal), dont la plupart du tracé se fait en plaine, ne comporta pas d'obstacles majeurs (quelques viaducs et tunnels de faible longueur). Elle fut achevée en 1885 et l'exploitation commerciale du tronçon Prades-Villefranche commença 10 ans plus tard.
  • En 1902, la poursuite du chemin de fer au delà de Villefranche trouve enfin une solution, après des années de cogitation en raison des contraintes du relief de la vallée. La ligne à voie métrique devra relier sur 56 km Villefranche à Bourg-Madame. Grande nouveauté: elle sera électrifiée via un troisième rail, ce qui d'ailleurs la sauva de la fermeture dans les années 50.
  • Les travaux commencent effectivement en 1904. Parallèlement, le barrage des Bouillouses et l'usine électrique de la Cassagne sont commencés: ce seront les deux pièces maîtresses dans l'alimentation en électricité de la ligne.
  • En 1909 les travaux sont achevés: la ligne est mis sous tension le 9 septembre, et le 18 octobre 1909 a lieu le voyage de reconnaissance officiel. Le 31 du mois survient un accident dramatique: un des trains effectuant les tests de charge sur le pont suspendu de Gisclard a une défaillance de freinage et s'écrase contre la montagne. Bilan: 6 morts, dont Albert Gisclard, concepteur du pont suspendu. Le train d'essai n'était en effet pas équipé du frein électromagnétique qui devait pourvoir les motrices en exploitation commerciale.
  • Finalement, le 18 juillet 1910, la section Villefranche - Mont Louis est inaugurée. En 1911, la ligne arrive à Bourg-Madame: l'exploitation commerciale débute le 28 juin. Cette section ne comporte pas de difficulté particulière (seulement des ouvrages courants), mais comporte le plus haut point de la ligne: 1592,78 mètres en gare de Bolquère.
  • Parallèlement à la réalisation de la ligne de Cerdagne, la réalisation du Transpyrénéen Occidental avance bon train. En 1918, le tunnel du Puymorens est achevé; en 1922, du côté espagnol, les trains arrivent à Puigcerdà, et en 1925 les lignes françaises et espagnoles arrivent toutes deux à la gare internationale de Latour-de-Carol, dont la construction vient de s'achever.
  • Afin de permettre une correspondance pour Perpignan depuis Latour-de-Carol, il est décidé de prolonger la ligne de Cerdagne jusqu'à Latour-de-Carol. Les 6 kilomètres de voie métrique reliant Bourg-Madame à Latour-de-Carol seront achevés en 1927. Elle atteint alors son terminus définitif: le point kilométrique 62,8.

[modifier] La Ligne

[modifier] Caractéristiques Techniques

  • Voie unique
  • Croisements / dépassements possibles en gares d'Olette, Fontpédrouse, Mont-Louis, Font-Romeu, Saillagouse, Bourg-Madame et au terminus Latour de Carol uniquement.
  • Longueur : 62,8 kilomètres
  • Durée du trajet : environ 2h30
  • Déclivités : pas plus de 60mm/m (6%)
  • Rayon de courbure : minimum 80 m
  • Vitesse maximale : 55 km/h (environ 30-40 sur la plupart du parcours)
  • Charge maximale de la ligne: 150 tonnes (fortes déclivités et passage du pont suspendu Gisclard)
  • Traction
    • Electrification via un troisième rail (850V continu)
    • 7 sous stations (courant transporté en 20000 volts) situées à Villefranche, Thuès-les-Bains, Fontpédrouse, Mont-Louis, Font-Romeu, Sainte-Léocardie et Bourg-Madame.
    • Production du courant par le complexe hydraulique de la vallée de la Têt, dont la pièce maîtresse est le barrage des Bouillouses.
  • 650 ouvrages d'art dont:
    • 19 tunnels
    • 2 viaducs remarquables : le Pont Séjourné et le Pont suspendu Gisclard
  • Ligne gérée depuis Villefranche par un chef de ligne (gestion informatique)

[modifier] Les gares

  • Villefranche de Conflent - Vernet les Bains - Fuilla (alt. 427 m / km 00)
  • Serdinya (alt. 526 m / km 4.99)
  • Joncet (alt. 550 m / km 6.22)
  • Olette - Canaveilles les Bains (alt. 608 m / km 9.72)
  • Nyers (halte) (alt. 664 m / km 11.61)
  • Thuès les Bains (halte) (alt. 720 m / km 13.86)
  • Thuès entre Vals - Carança (halte) (alt. 789 m / km 15.78)
    • Viaduc de Séjourné (alt. 960 m / km 17.92) : 65 mètres de longueur / franchit la Têt
  • Fontpédrouse - Saint Thomas les Bains (alt. 1051 m / km 19.70)
  • Sauto (halte) (alt. 1224 m / km 22.72)
    • Pont Suspendu Gisclard (alt. 1325 m / km 24.25) : 80 mètres de hauteur / franchit la Têt
  • Planès (halte) (alt. 1373 m / km 25.22)
  • Mont Louis - La Cabanasse (alt. 1511 m / km 27.87)
  • Bolquère - Eyne (halte) (alt. 1593 m / km 30.21) Point culminant de la ligne et plus haute gare de France
  • Font Romeu - Odeillo - Via (alt. 1534 m / km 34.92)
  • Estavar (halte) (alt. 1328 m / km 42.46)
  • Saillagouse (alt. 1302 m / km 44.67)
  • Err (alt. 1395 m / km 46.61)
  • Sainte Léocadie (alt. 1287 m / km 48.39)
  • Osséja (alt. 1241 m / km 52.83)
  • Bourg Madame (alt. 1144 m / km 55.69)
  • Ur - les Escaldes (alt. 1188 m / km 58.71)
  • Béna Fanès (halte) (alt. 1228 m / km 61.35)
  • Latour de Carol - Enveitg (gare internationale) (alt. 1232 m / km 62.56)

[modifier] Le Matériel

  • Maximum de 6 véhicules par convoi de voyageurs, soit 250 passagers en raison de la charge maximale de la ligne.
  • Automotrices:
    • 4 moteurs fournissant une puissance de 300CV
    • Freinage: rhéostatique, automatique Westinghouse modérable au serrage et desserrage, à vis.
    • Attelage: automatique (système LEDUC-LAMBERT) double complété par des chaînes de sécurité.
  • Voitures:
    • type "Midi" : 44 places.
    • type "Nord" : 46 places, plateformes aux extrêmités.
    • type "panoramique" : non couvertes, 59 places, utilisées à la belle saison (surnoméees "barques" ou "baignoires").

[modifier] Album Photo

Image:TrainJaune Gare Villefranche 03.JPG

Vue générale de la gare de Villefranche (Août 2006)

Image:TJ Villefranche 01.jpg

Le Train Jaune en gare de Villefranche, à destination de Latour (Août 2006)

Image:TrainJaune Gare Villefranche 02.JPG

Motrice Z103 dans sa livrée d'origine, en stationnement à la gare de Villefranche. Elle a échappé aux rénovations de matériel des années 1980. Actuellement hors service. (Août 2006)

Image:TrainJaune Voie Villefranche 01.JPG

La voie du Train Jaune au niveau du PN1 (entrée dans Villefranche), vue en direction de la gare, avec le viaduc métallique le long de la Têt (Août 2006)

Image:TrainJaune Voie Villefranche 02.JPG

La voie du Train Jaune au niveau du PN1 (entrée dans Villefranche), vue en direction de Mont Louis (Août 2006)

[modifier] Bibliographie

  • CAZENOVE Pierre. Le Train Jaune de Cerdagne. Editions Loubatières, 1992. ISBN: 2-86266-100-1.

Ce livre a été une précieuse source d'information pour l'élaboration de cette page.

  • Photographies de la Gare de Villefranche de Luchar.

[modifier] Articles Connexes

[modifier] Liens internes

[modifier] Liens