Voie express française
Un article de WikiSara.
Sommaire |
[modifier] Généralités
- Certaines voies (routes nationales ou départementales) ont des portions de type autoroutier (en général chaussées séparées, sans intersection, réservées aux véhicules à moteur suffisamment rapides), sans toutefois respecter toutes les normes (par exemple absence de bande d'arrêt d'urgence ou de glissière de sécurité sur le bord extérieur). Ces voies sont appelées « voies express » et sont signalées par un panneau bleu bordé de blanc avec une silhouette de voiture blanche. La vitesse sur ces routes est en général limitée à 110 km/h (100 km/h en cas de pluie, art. R413-2 du code de la route). Bien qu'elles soient interdites aux vélos et aux piétons, aucune voie alternative n'est en général prévue.
- Ces portions à chaussée séparée sont souvent mises en place pour permettre le dépassement dans de bonnes conditions des poids lourds par les véhicules légers, ou bien pour le contournement des villes, on parle alors de « rocade » ou de « périphérique ». La plupart de ces portions sont gratuites, bien que cela ne soit pas systématique.
- Les deux premiers points, sans être inadéquats, sont inexacts, et montrent bien qu'il est facile de s'y perdre, et de confondre la typologie de la voie et son statut administratif. Voici donc quelques précisions d'ordre réglementaire.
- Le statut de Route Express donne à la voie les attributs suivants :
- - Interdiction des accès direct des propriétés riveraines, les accès étant concentrés sur des points d'échange déterminés (carrefours, plans ou dénivellés)
- - Restriction de circulation pour certaines catégories d'usagers, à savoir interdiction pour les piétons, cycles, cyclomoteurs, cavaliers, engins à traction animale, engins agricoles.
- Et c'est tout !
- Ce statut ne s'obtient que par Décret du Conseil d'État après enquête publique (comme une autoroute). En effet la restriction à une certaine catégorie d'usagers va à l'encontre de la liberté de circuler, et constitue un point qui doit être validé par le Conseil d'État. En revanche, le statut n'est applicable qu'à partir du moment où toutes les fonctions prééxistantes sont rétablies, par exemple si on transforme une route ordinaire en voie rapide, il faut prévoir un cheminement alternatif pour les engins agricoles, cycles, etc, et aussi prévoir le rétablissement de la desserte des propriétés riveraines qui débouchaient directement sur la route initiale.
Ce statut peut être appliqué sur des voiries départementales, contrairement au statut autoroutier qui est reservé au réseau national de l'État.
- Le panneau présenté, automobile blanche sur fond bleu carré "Chaussée pour Automobiles" (panneau C107) signifie dans le code de la route à la fois une limitation à 110km/h, sauf présence d'une limitation inférieure, qui doit alors être placée sur le même mat, et également la restriction d'usage aux piétons, cycles, cyclomoteurs, cavaliers, engins à traction animale, engins agricoles (en remplacement des 4 panneaux d'interdiction correspondants, qui sont toutefois parfois ajoutés au C107 dans les régions où ce panneau n'est pas courant).
Ce panneau n'est pas directement lié au statut administratif de la voie, les restrictions d'usagers pouvant être prises par un arrêté de police de l'autorité compétante sur la voie. Cependant une telle restriction par arrêté de police, lorsqu'elle aboutit aux mêmes effets que le statut, devrait théoriquemen relever du Conseil d'État par enquête publique et faire l'objet d'un réel classement au statut de route express.
- Enfin la typologie de la voie, c'est à dire ses caratéristiques géométriques, comme son profil en travers (nombre de voies, la présence d'une bande d'arrêt d'urgence, d'un terre-plein central etc), son profil en long ("creux" et "bosses"), son tracé en plan (virages), n'est pas du tout liée au statut.
Il est pourtant vrai que la plupart du temps, les voies express ont une typologie de voie rapide voire quasi-autoroutière. De plus, pour pouvoir admettre une limitation de 110km/h en toute sécurité, un minimum de contraintes géométriques doivent être respectées, notamment pour assurer une visibilité suffisante pour pouvoir arrêter son véhicule en cas de présence d'un obstacle sur la chaussée. Ces contraintes sont communément appelées "Règles de l'Art" et font l'objet de guides de conception souvent édités par le SETRA (Service Technique des Routes et Autoroutes) pour l'État ou par des politiques techniques locales pour les Départements.
[modifier] Le cas de la Bretagne
- Dans les 4 départements de Bretagne, le réseau intra-régional ne comprend aucune autoroute à péage, uniquement des voies express. On raconte couramment que la raison remonte au traité d'union de la Bretagne avec la France : Anne de Bretagne aurait exigé dans le traité d'union de la Bretagne à la France que la circulation reste libre dans sa province. En réalité, il semble que la gratuité remonte à l'époque du Général de Gaulle, qui aurait souhaité compenser par la gratuité l'éloignement et la situation enclavée de la région.
- Dans les années cinquante, conscients que la région avait accumulé de graves retards de développement et que son désenclavement était devenu primordial, un Comité d’Etude et de Liaison des Intérêts Bretons (CELIB) se forme sous l’autorité de René Pleven. Modernisation de l’agriculture, industrialisation, équipement universitaire… et plan routier sont au menu.
- Mais les choses traînent et ce n’est qu’en 1968, sous la pression des attentats du Front de libération de la Bretagne qui se multiplient à cette époque avec le soutien d'un part croissante de la population, que le plan est enfin accepté par l’État, d'où l'appellation locale d'autoroutes du FLB.
- Comme l'État rechigne à trop débourser, il est décidé non pas de mettre en place un réseau neuf et autoroutier mais d’améliorer les axes existants. On élargit donc les nationales, doublant les voies, organisant le contournement des villes. Le résultat n’a pour autant rien à voir avec une autoroute : certes 4 voies, mais pas de bande d’arrêt d’urgence, un tracé tortueux obligeant une vitesse limitée à 110 km/h (et parfois moins). Mais surtout les axes sont parsemés de croisements très dangereux (dans certains lieux, les paysans devaient traverser les voies avec leur matériel et parfois leurs troupeaux…). Ce n’est qu’au fil du temps (et après d’innombrables accidents et décès !) que seront supprimés les croisements à niveaux par l’adjonction de ponts et la fermetures de nombreux accès aux routes secondaires.
- A noter que ce plan routier n’est toujours pas terminé ! L’axe central Châteaulin - Rennes (N164), par exemple, était déjà prévu à 2x2 voies il y a quarante ans.
[modifier] Le Boulevard Périphérique de Paris
- Surnommé "Périph'", ce boulevard est une voie express particulière. Il est doté de chaussées séparées et d'échangeurs permettant que les intersections ne s'y fassent pas à niveau, mais la circulation y est soumise à la priorité à droite (les véhicules circulant doivent laisser la priorité aux véhicules entrants). De fait, la circulation se fait sur les deux voies de gauche afin de ne pas être gêné par les véhicules entrants. Cet usage est contraire à l'habitude : le code de la route qui impose la conduite sur le bord le plus à droite en temps normal, mais sur le périphérique, la voie de droite est explicitement indiquée comme voie de sortie, le nom de la porte suivante étant mentionné (cf. article R412-9 du code de la route). Le boulevard périphérique est une voie communale de la ville de Paris (sauf une courte section dans le Val de Marne, vers la poterne des Peupliers) et de ce fait ne porte pas de numéro de route.
- La vitesse est limitée par dérogation à 80km/h, cette limitation de vitesse n'étant normalement plus prévue par le code de la route. Aucune autre route de France ne peut théoriquement être limitée à 80km/h, car en France les gammes de limitations de vitesses sont impaires (30, 50, 70, 90, 110 et 130 km/h).
- A noter également que même si le Périph est interdit aux piétons et véhicules inadaptés aux voies rapides, il n'est cependant pas sous réglementations "route express" (le panneau "route à accès réglementé" ne figure pas aux entrées du Périphérique). Des panneaux à chaque entrée précisent les interdictions.


